Alain Mabanckou donne sa leçon inaugurale au Collège de France



Alain Mabanckou a donné sa leçon inaugurale au Collège de France le jeudi 17 mars 2016. RFI y était.
Les lettres africaines sont à l’honneur ce 17 mars au Collège de France avec l’installation du talentueux Alain Mabanckou à la Chaire de création artistique. Romancier et professeur de littératures de langue française à l’université de Californie, aux États-Unis, le Franco-Congolais s’est imposé au cours des dernières années comme l’un des auteurs majeurs de la littérature africaine d’expression française. Une littérature dont l’émergence et l’évolution feront l’objet des cours que le nouveau professeur de création artistique va dispenser tout au long de l’année 2016.
Chef de file de sa génération, Alain Mabanckou qui fait rentrer l’Afrique dans l’enceinte du vénérable Collège de France, est l’auteur d’une œuvre majeure, à la fois poétique et romanesque, mais toujours résolument moderne. Elle est travaillée en profondeur par les préoccupations thématiques et esthétiques de la littérature africaine contemporaine. Une littérature dans les pages de laquelle l’« écritude » prime désormais sur la négritude.
En savoir plus : www.rfi.fr/afrique/20160316-litterature-africaine-negritude-mabanckou-college-france

Le public et les professeurs du Collège de France lui ont réservé une véritable ovation. Alain Mabanckou avait peur avant sa leçon inaugurale. Mais après une heure d’éloquence érudite, il était heureux et soulagé. « C’est peut-être une des dernières leçons inaugurales de mon existence ! On ne la fait pas deux fois, on n’en fait pas tous les jours ! Ca fait plaisir de vivre cette expérience et cela m’oblige à apprendre », s’est-il ému.
Dans le public, ses amis et parents comme son cousin, Félix Tchicaya, neveu du grand poète Tchicaya U Tamsi, ne cachaient pas leur fierté. « Dans son discours j’ai vu tout son parcours, parce que je le connais depuis plus de 20 ans et c’est pour ça qu’il avait toute cette densité, cette tranquillité, cette sérénité », a-t-il déclaré.
Certains sont venus de loin pour l’écouter, comme ce psychanalyste haïtien, Joel Desrosiers. Il est venu du Québec pour ce moment qu’il qualifie d’historique. « Il y a des événements littéraires qui sont mondains. D’autres sont historiques. Je crois que la France est en train de montrer une réhabilitation des lettres africaines et l’avenir nous est ouvert », estime-t-il.
Alain Mabanckou entre au Collège de France et derrière lui, c’est à un immense cortège d’écrivains africains à qui l’université française rend hommage. Vu de Paris, les lettres africaines francophones ont enfin leurs lettres de noblesse.